Sélectionner une page
Stage La Londe – Vendredi

Stage La Londe – Vendredi

J’ai très bien dormi, j’ai même réveillé Christophe tellement je ronflais, mais le réveil est très dur. J’arrive décalqué au petit déjeuner. Les collègues ont aussi petites mines, peut-être une stratégie pour la journée de course, je n’y crois qu’à moitié. Je tente la boisson du guerrier Julien (le suisse) : jus de citron, citron vert, orange…pouah ça décape ! Sabrine descend avec sa tarte au citron chipé la veille. On l’a charrie ! On essaie de soudoyer le coach pour connaitre les équipes, rien n’y fera, on le saura à la dernière minute.

Ce matin, ce sera un contre la montre de 35-37km par équipe. On chausse donc le vélo, on passe par la route des châteaux pour chauffer les jambes. On rejoint le bas du pas du cerf après la zone d’habitations pour éviter de reproduire l’accident d’hier. Le circuit sera : le pas du cerf, en bas à droite direction Collobrières, demi-tour au pied du Babaou et retour au point de départ (soit 2 fois le pas du cerf, va falloir gérer l’effort). Les équipes sont annoncées : je suis avec François et Rudy le missile roux. Départ toutes les 2 minutes, jusqu’à l’équipe la plus forte. On part en avant dernière position. Le but : remonter les 3 groupes devant et surtout ne pas se faire passer par celui de derrière. Allez c’est parti, on essaie de se relayer toutes les 30 secondes, on part un peu fort, François nous rappelle vite à l’ordre. Dans ma tête, j’ai 2 courses : 1 à l’aller et 1 au retour. On est déjà à plus de 30 à l’heure dans le faux plat montant, déjà les jambes de feu. On calme un peu sur la montée, faut en garder pour le retour. On passe le groupe 1 puis le groupe 2. François fait la descente devant, on voit le groupe 3 au pied de la descente. Un camion arrive par la gauche mais met son clignotant super tard, on est déjà presque à l’arrêt. Merde faut relancer, le groupe devant a repris un peu d’avance. On attaque les relais à 3, devant j’ai tendance à être un peu fort, derrière j’ai du mal à rester dans la roue, manque de pratique ! On roule à 90%, même derrière faut appuyer sur les pédales, pas de repos aujourd’hui ! ça y est on est en tête de course, faut tenir le plus longtemps possible. On devine le groupe des forts pas loin derrière, surtout ne pas se retourner, droit devant en position chrono. Fallait s’y attendre, vrrrrrr, Yves en mode locomotive devant, Pierre en position Ariane 5 les moteurs pleins gaz et les autres étages de la fusée bien en ligne, on est à 35 je pense, ils sont à plus de 40. Impossible de rester dans la roue, mais on relance. François gueule de calmer un peu. La tête repart du point de retour quand on y arrive. Joëlle notre paparazzi immortalise nos moments de douleurs. Faut relancer la machine, devant ils ne sont pas loin. Faut tout donner sur le retour, le groupe derrière ne devrait pas revenir, maintenant faut limiter la casse avec le groupe de tête. Il doit avoir 200m d’écart, je vois Yves lâcher la tête de course, ça me plait ça, je sens qu’il va s’occuper de nous. ça ne loupe pas, il se met devant moi, nous « gueule » dessus pour nous motiver à aller chercher le groupe de tête. Il me demande le prévenir du max qu’on peut tenir. La chasse est lancée. C’est magique ! Le compteur grimpe jusque 43-45 mais j’ai l’impression d’être à plus de 50, je suis à 10cm de la roue d’Yves, pas le droit à l’erreur, hyper concentré, le cardio à 100%, les cuisses lancent à chaque coup de pédale. On remonte le groupe mètre par mètre. La revanche est prise, on les passe comme ils nous ont passé, top moumouth la classe. On lâche rien, on passe devant, ils l’a jouent stratégie à nous laisser faire le boulot, perso j’m’en fou, la mienne c’est à fond, je crame tout aujourd’hui jusqu’à la dernière calorie disponible. On se relais à 3 devant jusqu’au début du pas du cerf. Dernière montée, dernière difficulté, faut tout donner vraiment tout. Je vais chercher mon reste d’énergie au plus profond de mes tripes et j’enquille la grimpée à « bloc + ¼ » comme disait mes anciens collègues quand je travaillais dans la mécanique. J’arrive à rester sur la ligne de front à tout envoyer, le cardio à 5000 ppm ! Yves devant même le train, j’arrive derrière lui complètement cramé de chez cramé. Pas le temps de récup, descente puis plat jusqu’à l’arrivé. Rudy se cale derrière moi, François un peu loin derrière. En bas, les fusées reprennent la tête c’est rageant mais j’ai plus rien, je n’arrive pas à dépasser les 35. Rudy à accrocher le groupe mais avec François on ne les rattrapera jamais. Je commence à souffrir, je crie de douleur à chaque fois que j’essaie de relancer. Rudy lâche le groupe pour qu’on puisse terminer à 3. On boucle le circuit en 1h05 à 33,6 de moyenne. Je tourne un peu les jambes pour récupérer. Lorsque je m’arrête, je suis à la limite de m’effondrer, la tête qui tourne, des crampes aux mollets, cuisses et abdos. Je vide un bidon de flotte. Je réclame un biscuit ou 2 pour rassurer l’organisme. Yves me fait remarquer que je suis pâlo. Je m’assoie au moins 15min pour refroidir la chaudière et me calmer. Sacré course ! Quel pied ! Une fois tout le monde arrivé, on rentre en récup, moi ce sera très très doucement en tournant les jambes au max. Je ferais un bon bain froid dans la piscine pour régénérer ce que je peux.

Je prends le temps sous la douche, du coup j’arrive à table fracassé un peu plus tard que les autres. La sieste se fera donc en 10min sur une chaise en terrasse. On refait le monde avec Sabrine, Joëlle et Isabelle.

 

Je remonte chercher les affaires pour l’après-midi : trifonction, combi, baskets. Au programme : Aquathlon. Yves donne les consignes, finalement ce ne sera pas en la revanche du matin, ce sera en individuel avec handicap pour les plus fort en natation. Ils auront 2 boucles de nat (plage àbouée jaune) alors qu’on en aura qu’une. On enchainera par 2 km de course à pied. Dernière consigne : mettre en application les conseils expliqués la veille par Sailfish (entrée, nage et sortie). On enfile les combi (mieux que la veille, ça commence à rentrer). On s’échauffe dans l’eau puis en ligne sur la ligne de départ. Le groupe des forts est fait, on taquine François et on lui fait croire qu’il en fait partie 30 secondes avant le départ. Il y croit ! Il part à l’arrache, fait une entrée dans l’eau digne de vidéo gag, on rigolera jusqu’à la dernière minute du stage à ce rythme. En attendant notre départ, 3 minutes plus tard, Yves en profite pour nous montrer les « erreurs » des collègues : trop à gauche, trop à droite… Pas évident aujourd’hui, il y a une légère houle, la bouée n’est pas très visible. A notre tour. Trop dans la course, trop fatigué, j’en sais rien mais je pars n’importe comment, mon entrée dans l’eau est sans doute pas trop mal mais après je fais n’importe quoi, je nage trop vite, pas coordonnée, je m’essouffle très vite, bois la tasse à plusieurs reprise, j’ai du mal à me repérer. Le soleil est éblouissant. Je suis obligé de faire la brasse voir du surplace pour reprendre mon souffle, du coup les autres passent devant. Arrivé à la bouée, Je suis exténué complètement à bout de souffle, heureusement je n’ai pas de crampes. Je me reconcentre sur le retour, j’allonge un peu, j’essaie de me détendre et de respirer sur 3 temps. Je sors de l’eau trop tôt, Julien me le fais bien comprendre, pourtant j’ai fait bien attention à continuer encore une fois que l’on touche le fond, mais pas assez visiblement ! Manque de lucidité sans aucun doute. Je sors de l’eau, je le mélange les bras, j’ai du mal à enlever le haut. Je suffoque, je n’arrive pas à me concentrer sur ma transition. Je pars pour la course à pied avec plein de sable, j’ai horreur de courir les pieds mouillés et « pas propre » c’est juste bon pour avoir des ampoules. Mais tant pis, ce n’est que pour 2 km.

 

Comme je ne me suis pas trop servi des pieds dans l’eau et qu’il n’y a pas de vélo, les jambes ne sont pas trop mal en début de course. Par contre, je sens chaque vibration remonter le talon d’Achille, le mollet, bien à l’intérieur, la cuisse et quadri, un genre de massage pas très agréable. L’allure n’est pas trop mal, je tourne à 11-12 à l’heure. J’ai l’impression de faire du surplace, de peser 3 tonnes, de piétiner, je n’arrive pas à allonger et encore moins de reprendre du souffle. Je me concentre sur la foulée mais rien n’y fait. J’attaque le retour, il reste plus qu’1km, j’accélère encore, du moins j’en ai l’impression. Comme ce matin sur le retour du pas du cerf, je lâche tout, le stage s’arrête au bout de cette rue, sur cette pelouse à 3 mètres de la plage, cette pelouse, le Graal d’une semaine intensive et pleine d’émotions. Faut aller le chercher, je le mérite mais il n’est pas encore là. Je lance un sprint pour finir, tant pis pour la tronche sur la photo d’arrivé. Je m’écroule par terre. Je l’ai fait ! C’est fini ! Mon Dieu que cela aura été dur ! Mais quel kiff ! L’instant est dur, je lâche « la pression », je reprends difficilement le souffle de ma course, je bois une gourde sans difficulté.

Une montée d’émotions m’envahie, de petites larmes naissent au creux des yeux mais l’estomac et l’envie de vomir gâche un peu ce moment. On est parti trop tôt, pas eu le temps de digérer, brassé un peu en mer et une course dans mes derniers retranchements. Je ne me sens pas bien, je mets un t-shirt sur la tête pour éviter le coup de chaud plein soleil. Je m’allonge un peu et commence à reprendre mes esprits. Je relève la tête ils sont presque tous en position pour la photo de fin de stage, je les rejoins comme je peux. Un dernier sourire.

On terminera l’après-midi comme des princes : au soleil et en terrasse à profiter d’une bonne grosse glace ou crêpe tellement mérité ! On prépare et charge la voiture, dernière déconne le soir, gros dodo. Samedi matin, on file à 8h, retour au bercail !

J’ai eu tout ce que je voulais : me mettre un bon coup de pied au cul, me surpasser, en chier, rigoler…. j’en ai eu pour mon argent ! Vivement l’année prochaine 🙂

 

J’ai eu tout ce que je voulais : me mettre un bon coup de pied au cul, me surpasser, en chier…. j’en ai eu pour mon argent ! Vivement l’année prochaine 🙂

Stage La Londe – Jeudi

Stage La Londe – Jeudi

Ca y est la fatigue me fait passer de vrai bonne nuit, mais le réveil est de plus en plus dur ! Les visages sont tiré au petit déj mais la déconne est toujours là. Un petit repos d’1/2h après les tartines est toujours aussi appréciable.

On part sur la plage, ce matin c’est « animation » natation avec un représentant de la marque de combinaison Sailfish. Au programme, présentation de la marque, de la gamme et test. Après avoir choisi la combi que l’on veut tester, on apprend à l’enfiler ! Ca peut paraître bête mais il y a une technique qui facilite « la pose » mais surtout qui évite de l’abimer et la déchirer prématurément. Perso je connaissais déjà, le vendeur de ma combi Orca je l’avais bien expliqué lors de mon achat. On l’a retourne, on met les jambes jusqu’aux genoux avec un sac plastique au pied (ou sur-chaussure type salle blanche ou hôpital), on tire le néoprène de l’intérieur de la combi et non celui de l’extérieur beaucoup plus fragile, j’utilise même des gants en coton, on monte jusqu’à l’entre jambe. On termine par le torse et les bras. Pareil, quelques petits trucs à savoir pour s’assurer qu’elle est bien mise (bien plaqué sous les bras, cou pas trop serré,…). Il y en a beaucoup qui s’y reprennent en plusieurs fois. Le cas de Vincent est juste à mourir de rire ! La combi est plutôt légère et agréable à porter, je semble plus à l’aise et moins comprimé que la mienne.

On rentre dans l’eau, toujours aussi fraiche. On fait quelques mouvements pour terminer de positionner la combi. On se regroupe sur la plage, les consignes et exercices sont donnés. On commence par 1 A-R d’échauffement, aller cool, retour en accélérant. On refait un passage en triangle cette fois, 1 cool, 1 à bloc, 1 allure course. Ensuite, on enchaine avec un exercice à 3, 1 devant, les 2 autres sur les côtés au niveau des hanches ou derrière pour profiter un peu de la vague. Très bonne occasion pour se préparer pour le tri de Verneuil-sur-Seine dans 15 jours surtout qu’en plus l’équipe est au complet, Sabrine, Christophe et moi. Le parcours étant un triangle on passera chacun notre tour devant. On débrief, à Verneuil, on fera 2 devant (Christophe et moi) et Sabrine « dans le tube ». On terminera la séance par des exercices d’entrées et de sorties d’eau : départ, course dans l’eau (monté de genoux par les côtés), plongé (ni trop tôt ni trop tard et gardé un maximum de vitesse).
A la sortie, on sort le plus tard possible, l’eau au maximum au niveau des genoux pour limiter la résistance de l’eau en courant. J’ai l’habitude de sortir dès que mes mains touchent le fond, mais en fait on peut continuer encore quelques mouvement avant de se lever, faut presque sentir le sable entre les dents ! Et enfin on voit comment enlever la combi en courant jusqu’à l’aire de transition : zip, scratch, épaule gauche, bras gauche, épaule droite, bras droit, on baisse tout, et hop hop d’un coup sec avec les pieds pour l’enlever définitivement. On terminera par quelques départs et arrivées en groupe afin d’être au plus proche du jour j et de voir les progrès de la matinée. On aura fait 1h30 environ et 1000m. Instructif !

On reprend le rituel du midi : douche, repas énergétique voir gourmand (les desserts sont souvent tentant), mini repos.

Cet après-midi, on part pour 54km de vélo et enchainement course à pied 30 min. Je me réengage avec le premier groupe, j’ai les crocs malgré la fatigue et les  courbatures, les mollets sont vraiment tendus. Le début est un plus calme, heureusement car faut dérouiller et chauffer les jambes. Route des châteaux, Bormes les mimosas, ça grimpe bien, la route est propre, je suis derrière mais je grimpe pas trop mal je trouve, j’ai encore de l’énergie, je ne sais pas où je la trouve mais j’ai encore des watts, je vois Patrick et Christophe qui commence à peiner, c’est sans doute un peu égoïste mais ça m’aide aussi à avancer, c’est bon pour la confiance en soi. Je passe le col dans le dur mais confiant. On avale la descente jusqu’au col de Gratteloup pour enchainer avec le col du Babaou qu’on monte dans l’autre sens cette fois. Le début est dur car faut réchauffer les jambes. Je me retrouve vite derrière, ça devient une habitude, mais cela ne mais fait plus peur et me plombe plus le moral, le stage commence déjà à porter ses fruits au moins sur cet aspect. Je roule bon train, à mon allure, je connais la pente et la distance, je peux du coup vraiment gérer l’effort. Petit à petit je rattrape Patrick, puis Christophe, puis plus personne devant, je n’ai plus de lièvre, c’est un peu plus dur du coup, c’est plus au mental. Mais quelques virages plus loin, je vois François. Dans ma tête ça fait ni une ni deux, je sais que c’est jouable de le gratter avant le sommet ! Je tombe un pignon pour relancer, ça lance dans les cuisses, il est loin mais je sais que je peux y arriver, je suis presqu’à bloc, je vois que je remonte doucement mais surement, je le vois se retourner 200m devant, aïe, s’il met une mine, je suis cuit, je ne pourrais pas le rattraper. Il doit être cuit car je continue de le remonter. On attaque la bout de descente avant la dernière montée vers le sommet, je suis à bloc tout en essayant de récupérer un peu de souffle, les jambes brulent, les relancent font mal, mais je me rapproche de plus en plus. Plus que quelques virages, il est à moins de 100m ça va être dur. Il terminera devant avec 30m. Je crache mes poumons, j’ai tout donné. Reste Patrick et Christophe pour récupérer et s’alimenter. Où vais-je chercher toute cette énergie ??? Je me surprends de plus en plus, l’envie et la motivation y sont pour beaucoup.

 

C’est parti pour la descente, j’aurais dû mettre ma veste, j’ai un peu froid, je commence à avoir des crampes dans les abdos, des frissons dans les pieds. Signes de fatigue ! Je donne vraiment tout à ce stage, faut que je fasse gaffe tout de même, mais j’ai vraiment besoin de tout donner, pour moi, mon corps, ma tête. On s’attend au pied du col, on attaque le retour, quelques km de plat avant d’arriver au pied du pas du cerf, dernière petit grimpée de la journée. On se met en file indienne et devant ça envoie vite les watts, le compteur monte, je m’accroche comme je peux derrière, on m’encourage à tenir la roue, c’est très dur surtout lors des changements de profil, un léger faux plats ou un passage de pont et c’est juste l’horreur, ça brule de partout. Lancé comme des fusées, la plupart loupe l’intersection à gauche du pas du cerf, moi, derrière, j’ai pu voir venir, je garde pas mal d’élan et passe l’intersection bien lancé, je relance du coup plus facile et passe devant. Sentant que derrière ils doivent remettre la machine en route, je profite « pour attaquer », 1 idée en tête et une seule : devant en haut !! Pour ça, je me conditionne : à fond et ne pas se retourner ! Premier virage et hop, je tombe un pignon, danseuse, relance, à fond. Dans ma tête le stage se termine en haut, demain sera un autre jour (je suis un peu comme ça depuis le début d’ailleurs). Le cardio est à 100%, les jambes brûlent le peu d’énergie qu’il me reste, je sens que ça lance à l’intérieur des mollets, je lâche rien, un virage sec, je vois Vincent  et me reprend, hors de question qu’il termine devant, j’ai un lacet d’avance, c’est faisable mais il envoie un sacré braquet. Dernière ligne droite, dernier coup de gaz. Raaahhhh c’est fait ! Vincent termine juste derrière à 10 sec je pense. Le « dernier » arrive que je n’ai pas encore terminé de reprendre mon souffle mais qu’est-ce que je suis content et un peu fier aussi ! Je suis capable de m’accrocher au groupe et ça, ça n’a pas de prix pour le moral. Je savoure intérieurement.

 

Il reste 5-10km pour rentrer. Je me dis qu’on va terminer assez cool, tu rêves Nico, la descente se fait à fond et le faux plat jusque La Londe se fera à encore à bloc. Moi j’ai plus rien, mais je veux pas lâcher, Patrick la loco se met en marche devant, 37, 38, 39, ça file comme des balles, je suis de nouveau à bloc mais l’écart se creuse un peu, je tiens plus la roue, c’est d’autant plus dur de revenir. 40, 41, 42… purée c’est impressionnant mais c’est juste génial, je suis KO mais je continue. 44, 45, 46 … Une 206 blanche nous dépasse  en grattant le bas-côté, put*** les gravillons ! De nouveau tête dans le guidon pour tenter de relancer, quand tout un coup ça gueule devant, juste le temps de relever la tête que je vois Christophe en roue avant et terminer en triple axel piqué dans le bord de la route le vélo côté du vélo. Je suis debout sur les freins. Un mec promenait ses 2 chiens non attachés en bord de route et la 206 blanche arrêté en plein milieu de la route pour tourner à gauche sans clignot. Le peloton, lancé à pleine vitesse, concentré sur les chiens en liberté n’a pas vu la voiture. Tout le monde est un peu en tords, la 206 aurait pût attendre et ne pas nous dépasser surtout si c’est  pour tourner 300m plus loin sans clignotant, le mec aurait dû attacher ses chiens surtout en bord de route sans trottoir, et nous on était en zone 30 et on était à plus de 40 en mode contre la montre. Premier réflexe : Christophe ? Comment il va ? J’ai tout vu mais pas le temps d’être choqué, il nous rassure tout de suite, rien de cassé. Mais il en sait sans doute rien, il est « sous le choc ». Rapide examen, en effet à priori, rien de cassé, les égratignures semblent plutôt superficiel, un peu de sang, une belle coupure sur un doigt apparemment, je lui file vite un bout de PQ (que j’embarque toujours dans ma sacoche de selle… par expérience 🙂 ). Il reste quelques minutes assis, histoire de reprendre ses esprits. Le couple de la 206 s’excuse mille fois mais le mec avec ses chiens à très vite disparus ! Pas classe du tout comme comportement ! On refait la scène à voix haute pour comprendre, Christophe me fait un clin d’œil en disant que j’aurais quelque chose à raconter dans mon blog, j’avoue que je m’en serais bien passé, lui aussi d’ailleurs ! Il s’en sort bien, tout le monde s’en sort bien, ça aurait pu être un véritable carton avec beaucoup de casse, là il y a « juste » la manette gauche du vélo de Christophe qui est HS. On terminera très calme, Christophe sur le petit plateau, moi derrière qui commence à réellement prendre conscience de ce qu’il vient de se passer. Malheureusement, il faut souvent le vivre pour réellement prendre conscience du danger permanent et encore ce n’est pas moi qui ai chuté !

On range les vélos, et hop parti pour la course à pied. 10 minutes cool pour reprendre le rythme, 10 minutes allure course, 10 minutes cool, récup. Les 10 premières sont très très dur malgré cette petit pause à la résidence (pose des vélos dans le local, attente que le groupe soit complet), je force durant les 10 minutes forts, je suis à bout de souffle, début de crampes aux jambes à chaque pas, je sens les vibrations des pas remonter tout le long des jambes jusqu’en haut des cuisses. Les 10 dernières minutes me permette de clamer tout ça. Grosse après-midi bien dure.

Je file à douche, j’aide Christophe à son diagnostic de ses plaies qu’il ne voit pas, tout est superficiel, mais il semble avoir une douleur à l’épaule, j’espère que c’est juste un choc. A surveiller. ça va piquer sous la douche !

Rituel du soir : apéro, reprise de forces et… le dodo attendra un peu ! On se retrouve dans le bâtiment d’accueil de la résidence pour une présentation de Sailfish. On cherche 15 minute à trouver une prise électrique qui fonctionne, rien n’y fait, on passe à l’étage. Présentation, historique et esprit de la marque, puis présentation des techniques et trucs et astuces de la nage en eau vive. On échange quelques questions, expériences. Allez zou, cette fois dodo ! Demain c’est le dernier jour… compét ! Un mot d’ordre du coach : « A fond »… euh moi ça fait 5 jours que je suis à fond !

Stage La Londe – Mercredi

Stage La Londe – Mercredi

Réveil 7h. Christophe est réglé comme une horloge. 7h15 au petit déj. Le repos de la veille fait du bien mais il m’en faudrait un peu plus surtout qu’aujourd’hui c’est LA journée !

Au déj, ça arrive petit à petit et plus en paquet comme en début de semaine, les traits se tirent de plus en plus, la fatigue commence à prendre le dessus. Un bon bol de céréales, miel, café, fruits. Je refile dans la chambre se poser un peu et terminer de reposer les jambes toujours un peu lourdes de la sortie de lundi.

9h30, on se retrouve en bas en tenue de course à pied. Au programme, 2h de trail sur le sentier du littoral. J’ai les mollets en béton je sens que ça va être dur. Quelques moqueries sur ma tenue (en full X-Bionic), « et sinon ils font la même tenue pour homme ? »…la Saint Nicolas peut-être aujourd’hui ! Bref l’ambiance est toujours au rendez-vous et ça c’est top. On part en footing tranquille, traverse la plage, je n’ai pas les jambes, les mollets c’est horrible, j’ai l’impression qu’ils sont prêts à lâcher, pas gagné cette affaire. Le soleil est toujours au rdv, vent dans le dos à l’aller, la mer est superbe, la « ballade » va être magnifique. Je me retrouve assez vite derrière, les montées de marche, passage de racines, etc… sont vraiment très dur, je me retrouve vite à marcher dans les côtes. Mais quelle vue ! Le sentier est très peu large, on est en file indienne, on redescend au bord de l’eau, à sauter sur les bords des rochers puis on traverse une nouvelle plage complètement à l’abri du vent, la mer est translucide. On réattaque la grimpette, les mollets commencent à se détendrent, tout le monde stoppent sur une vue dégagé, si je m’arrête je pense avoir du mal à repartir, du coup je passe devant restant à mon rythme, Sabrine me suit. Petit à petit, je me sens bien, de mieux en mieux, plus aucunes tensions dans les mollets, sans trop m’en rendre compte je trouve un bon rythme, je creuse l’écart, je « vole » de plus en plus sur le sentier, j’avance « tout seul ».

 

Je vis pleinement l’endroit et le moment présent. De très bonnes sensations, très très bonnes. J’avance, j’anticipe pour éviter la faute. C’est un vrai régal. Je me sens invincible. On est même obliger de me siffler car il est temps de faire ½ tour, j’ai 300m d’avance, le moral est à bloc. Julien, le suisse, me fait même remarquer qu’il a essayé de revenir sur moi, sans succès, ma confiance en moi se réveille. Parti dans le dur mais là j’ai l’impression de me révéler. On attaque le retour, plus dur, le vent se retrouve de face. Mais rien n’y fera, je suis toujours gonflé à bloc, je continue à mon rythme, les montées sont un peu plus dures car à l’abri du vent, donc un peu plus étouffant. Je me sens léger, je joue beaucoup avec mes appuis, j’allonge à la descente. Je pense à « Born to run » de Kilian JORNET, comme si je vivais ses récits de course… mais 2,5 fois moins vite J. Je pense aussi à mon cousin, Guillaume, qui fait beaucoup de trail et du très gros, comme La diagonale des fous. J’ai le souffle court mais je me sens tellement bien, j’ai envie que ça dure des heures comme ça… ciel dégagé, mer bleu, nature sauvage… Mais toute bonne chose à une fin, le corps commence à te rappeler à l’ordre, t’es pas encore prêt, t’en demande un peu trop. Je ne pense pas à ce qu’il m’attend cet après-midi, je vis le moment présent. J’arrive sur l’avant dernière plage, je vois Sabrine au loin, je la rejoins, un peu coucou et je continue. Dernier passage escarpé, dernière plage et direction la résidence.
J’en veux encore, je retourne chercher les autres. Je rentre avec Sabrine et Vincent pour boucler les 16km. Les autres se sont arrêter à la mer pour le bain froid des mollets, nous se sera à la piscine. Qu’est-ce que ça fait du bien aux jambes ces bains froids ! C’est comme si on changeait de paire de jambe. J’en aurais bien besoin pour cet après-midi.

Une bonne douche et à la soupe. Pas beaucoup de temps de repos ce midi, on repart à14h pour une bonne sortie vélo. Vu ma forme de ce matin, je suis tenté de rouler avec le groupe 1, le groupe des forts, mais j’ai peur d’être à la rue. On me chauffe 10 secondes là-dessus. Il m’en faut pas plus, j’enquille avec le groupe 1, ça va piquer !

 

Au programme 97km avec 1200m D+, dès le départ je sens que ça va être dur ! Le train est plus rapide, soutenue qu’il y a 2 jours. On enquille le « pas du cerf », je suis déjà derrière, on n’a pas fait 15km, ça va vraiment être dur ! Mais j’en veux, je suis là pour ça, je m’accroche, je me retrouve assez rapidement dans le dur. 1er vrai col (le pas du cerf ça compte pas vraiment, c’est comme une bosse en Chevreuse), je suis vite derrière, un peu largué, mais je m’accroche, je n’ai pas envie d’être le boulet de la  journée mais surtout, je veux rien lâcher, je résiste, à 300m du sommet, Pierre viens me chercher et là, je sens une main sur le vélo et une loco qui pousse, c’est bluffant, il me pousse en côte… tranquillou ! Je reprends mon souffle et on repart. Même en descente je suis derrière ! Mais pas longtemps, François a crevé. On l’attend en bas. On n’arrête pas de se vanner. Il nous rejoint, il est gonflé à 3,5 bars, pas assez pour continuer. « Tu veux une cartouche ? » et hop c’est reparti pour 5 min de conneries, rigoler dans la douleur, c’est bon ça 🙂 . On repart, du plat sur nationale, pas mal de circulation, on est en file indienne et ça file, j’ai du mal à rester dans la roue, on m’encourage, je m’accroche. On part à gauche direction le col de Canadel, belle grimpée, pas trop dur mais assez longue, on recommence comme au premier, je suis derrière ! Le moral prend encore un coup mais l’envie prend le dessus, je continue à m’accrocher.

J’ai les cuisses et les mollets qui tiraillent de partout. Je donne tout. Je relance dès que la pente me le permet. Je vois Patrick, le président de l’ESR en ligne de mire, c’est ce qu’on j’ai besoin pour rien lâcher. Je le passe, c’est bon pour le mental. Maintenant c’est Christophe que je vois, là, c’est con, mais c’est comme si c’était mon honneur qui était en jeu, je ne serais pas le dernier Bouygues en haut ! Pas question ! Je relance, le rattrape, le dépasse, Il lâche rien, il relance même, je suis à la limite de le laisser filer, mais hors de question, je sais que je peux le faire. Je remets un coup et je termine devant, content mais complètement cramé ! Il me faudra au moins 5 min pour reprendre mon souffle. Je bois et mange pour reprendre quelques forces, je suis vraiment à bout. Le groupe 2 nous rejoint quand on repart, ils n’ont pas trainé les salauds.

On attaque la route des crêtes, je croyais que c’était du faux plat descendant, tu parles, ça monte ! C’est interminable. J’ai plus de jus, je tape dans le dur, mais quand ça commence à descendre je souffre. Vincent m’a attendu un peu plus bas histoire que je ne prenne pas à gauche au lieu de tout droit, il fera le lièvre pendant plusieurs km à m’encourager, me pousser dans mes derniers retranchements. Heureusement car sinon je tombais un plateau et me laisser rattraper par le groupe 2 et rentrer « plus tranquille ». On descend sur Bormes les Mimosas et une fois sur la route des châteaux, je reverrais plus personnes avant l’arrivée, ils sont partis comme des flèches. Je m’accroche jusqu’au bout même si je n’ai plus rien à prouver, je relance dans les dernières petites bosses à en choper les crampes tellement ça pique. Je termine la rando à bloque, complètement sur les rotules, cramé, carpette, vide. J’ai des crampes aux abdos, quelques petits vertiges, la bouche engourdi, des fourmis dans les pieds. J’ai tout donné, jusqu’au bout. Je suis content, je ressens même un peu de fierté d’avoir tenu jusqu’au bout sans avoir lâché prise.

Même rituel que le matin, 10min dans la piscine glacée pour régénérer les jambes et pour la circulation sanguine, une barre de récup pour éviter l’hypo. Une douche bien chaude pour se réchauffer et direction le ravito du soir. Mais quelle journée !!! Qu’est-ce que j’en ai chié mais que c’était bon 🙂 . Je prends pleinement conscience qu’avec un peu plus de régularité dans mes entrainements je pourrai vite progresser et utiliser pleinement tout mon potentiel et j’en ai, j’en suis sûr. La nuit à intérêt à être régénératrice sinon la fin de semaine va être compliqué.

Stage La Londe – Mardi

Stage La Londe – Mardi

Purée que le réveil est dur. Les jambes me rappellent la sortie vélo d’hier ! C’est presque grâce-matinée ce matin… 7h30. J’arrive au petit déj la tête dans le c** comme on dit. Les mollets tirent forts et les  cuisses sont bien courbaturées. Gros petit déj, ce matin c’est piscine à Hyères. Je suis déjà fatigué. Seul je n’y irais pas, mais là le groupe me tire et c’est ce qu’il me manque. Faut vraiment que j’arrête de m’entrainer seul. Ce qui me rassure c’est qu’on est tous enfariné. 8h30, je remonte me préparer, maillot, lunettes, plaquettes, pull-boy. En voiture. Sabrine fait sa blonde avec la ceinture de sécurité, pas moyen de l’accrocher, par contre le détecteur de poids lui fonctionne bien J. On arrive au centre aquatique, ce n’est pas la piscine de St-Cyr ! Je n’ai même pas réussi à trouver le bassin du premier coup malgré les panneaux. Dehors il fait encore frais avec le vent, mais dans le bassin chauffé c’est top, mais je ne suis pas là pour patauger dans le petit bain. On fait 2 groupe, 1 technique, 1 volume. Je me mets dans celui volume histoire de rattraper mon retard au compteur. C’est parti pour 2x4x100m 4 nages… même en pap ??? Bon, j’ai l’autorisation de faire que la moitié du bassin en pap, mais j’aurais quand même bcp de mal à faire les 8x25m. J’ai déjà mal aux bras. On enchaine avec 10x100m en pyramide, allure 1500m jusqu’à bloc puis on redescend ! J’apprécie vraiment le bassin de 50m je n’ai pas du tout l’habitude, c’est moins monotone.

L’eau est presque trop chaude pour l’entrainement mais je vais pas me plaindre, il manquerais plus que ça et ça change du 15°C en mer J. Le coach me reprend 2-3 fois sur ma respiration et mon gainage. Eh oui je nage en 2 temps, trop de mal en 3, je m’asphyxie. Côté gainage je fais un peu l’anguille, pas très efficient. Bref, je suis aussi là pour apprendre. Je me concentre malgré la fatigue et les bras lourds. Ensuite, on enchaine avec 1000m avec pull-boy et plaquettes. Comment dire… Et quand on a plus de bras, on fait comment avec les plaquettes ??? « Tu te démerdes, faut y aller » bon ben j’y vais alors. J’arrive enfin à caler ma respiration sur 3 temps, mais alors les bras ça commence à bien piquer ! Je me concentre sur la technique quitte à être plus lent. Je commence à être vraiment essoufflé. On continue avec un exercice plutôt jambes mais je n’ai pas de palmes, ça sera juste un peu plus dur. 5x100m 25m pieds 25m nage complète. ça me fait tout bizarre dans les mollets, les cuisses commencent à durcir, la nage complète me permet de récup un peu. ça y est je suis dans le dur. Je m’accroche, il faut que je mange des longueurs avant de manger des pâtes.

Les forts ont déjà fini au moment où j’attaque le dernier exercice. 4x100m 25 à bloc, 75 tranquille. Ça devient très dur mais je tiens à terminer, je serais le dernier à sortir de l’eau, il me manquait que les derniers 100m récup pour terminer la séance.

4650m au compteur. Je suis à bout de souffle. Une bonne douche, et on repart au bercail. Quelqu’un a pris mes plaquettes, pas grave je verrais plus tard. Direct à la soupe, ile flottante au dessert, pas sérieux ça, ce n’est pas encore cette semaine que je vais maigrir. Pas bcp de scrupules car je me dépense bien aussi. Avec Christophe et Sabrine on est chaud pour se payer une séance de massage à l’institut de beauté vers la plage. En espérant qu’il y ait un créneau, sinon tant pis pour nous, au pire Sabrine se fera faire les jambes et le maillot lol ! Christophe revient bredouille, la masseuse revient qu’en juin. Dommage cela aurait fait beaucoup de bien. Christophe part à la sieste, je discute encore un peu avec Sabrine et on échange sur sa passion de la lecture et écriture, je lui parle du coup d’Emilie et de ses 4 livres / semaine !

Cet aprm c’est le repos du guerrier. Donc à demain 🙂

Stage La Londe – Lundi

Stage La Londe – Lundi

Réveil 7h, j’ai mal dormi, le vent était infernal et le soleil de la veille m’a empêché de m’endormir correctement. Rendez-vous 7h30 en bas en tenue pour 1 heure de course à pied à jeun, ¼ d’heure de footing pour s’échauffer puis 2 fois 5’ 5’ 5’ en accélérant l’allure à chaque palier. Je pars sur du 11-12-13, 11-12-13 à l’heure. Je m’attendais à pire et plus brassé du fait d’être à jeun. Il fait frais mais grand soleil. Le vent commence à se lever, il va encore souffler fort aujourd’hui. J’ai les jambes lourdes, je manque d’entrainement. Je cours seul, le niveau du groupe est assez disparate. J’ai du mal à accélérer sur la 2ième série mais je fais tout ce que je peux sur les dernières 5 minutes, je suis plutôt à 14-15 à l’heure. On rentre en footing, on aura fait 10 km en un peu moins d’une heure.

Douche puis direction le petit déj. Un peu de repos. On repartira à 11h pour natation en mer. J’ajoute 2000 mètres au compteur, à travers divers exercices, j’en bave un peu, je me fais peu à peu à l’eau salé.

On rentre de la mer, directe à la douche puis miam-miam.

 

Bon faut pas trainer car 14h on repart pour une sortie vélo. 90km en passant par le col du pas du cerf, Notre-Dame des Anges et Babaou. Ce sera donc un très court repos, 30min environ. Je me prépare, le coach dit que le fond d’air est frais et qu’en haut de Notre –Dame faut se couvrir, surtout pour la descente. Quand on voit le temps j’ai plutôt envie de partir léger mais il connait la région mieux que moi, je vais donc l’écouter. Je mets une première couche sans manche, le maillot BY et prend mon coupe-vent et les manchettes pour le chaud. 1 bidon de boisson orange, l’autre citron, j’ajoute 3 barres et 2 gels pour tenir le coup malgré un bon repas. Un bon coup de crème solaire et hop je récup le vélo. On fera 3 groupes de niveau, je me mets dans le 2, on part à 5 + le coach pour nous guider, on est 2 BY, Hugo et moi. Sabrine pilotera le groupe 3, et elle n’est pas là pour rigoler, le coach en a déjà payer les frais !

On part bon train je trouve, je pars jamais vite. On traverse La Londe et on se retrouve tout de suite en petite route départementale de campagne. Direction le Pas du cerf, très court pas trop dur, du coup on part vite, un peu trop d’ailleurs, on n’a pas encore fait 10km ! On attaque la descente, qq virages serrés, on voit le groupe 1 devant, ça nous taquine les pédales de vouloir leur mettre la pression mais on s’excite pas trop. On avale les km entre face au vent et vent de côté, faut appuyer dans ses conditions. A ce moment je me dis qu’à ce rythme et cet effort, je vais en baver ! Je suis là pour ça donc je maintiens la cadence devant avec le coach. Il montre une antenne relais au loin et nous dit que c’est là qu’on va, Notre Dame des Anges. ça parait bien loin d’ici. Arrêt au stand rapide mais le coach nous met vite la pression en disant qu’il ne faut pas trainer, on est pas en « rando sacoche » comme il disait hier soir à table en parlant de la FFCT (Fédé Cyclo-tourisme).

On attaque Notre-Dame, c’est un stage donc sans vouloir me cramer mais au vue de mes objectifs de l’année, il faut que je bouche du dénivelé et que j’endurcisse les jambes,  je vais le grimper « un peu dans le dur » quand même. Je pars donc à un bon rythme avec le coach, je mouline bien pour ne pas trop forcer non plus, il y en a pour 8-9km quad même. ça reste quand même pour premier vrai col de l’année, ce n’est pas les 17 tournants de Chevreuse ! Etonnamment, on est devant et on creuse l’écart, on discute même un peu, mais tout de suite c’est plus dur à respirer. Il fait chaud et les portions à l’ombre sont bien agréables. On fait 3-4 km ensembles avant d’être rattrapé par Hugo, sacré grimpeur en fait ! Il passe devant et s’envole avec le coach. Je les verrais plus avant le sommet. Je fais donc la grimpée seul, je me laisse pas aller, je garde le rythme, je respire fort, ça décrasse depuis 2 jours. Je suis content de moi, la côte n’est pas trop raide, je jongle entre le dernier et avant dernier pignon, je tourne bien les jambes. Le paysage est magnifique, j’essaie d’en profiter un peu, la route par contre est pas terrible, le revêtement est assez esquinté. Je file bon train jusqu’en haut. Là le groupe 1 y est encore et profite de la vue, photo de famille, ils repartent. A mon tour de profiter, une vue splendide, on voit bien la mer et la presqu’ile d’Hyères. Par contre ça pèle un peu, je mets les manchons et le coupe-vent, je reprends des forces. On croise quelques militaires, discutent avec les collègues. Un Renault arrive, il en manque plus qu’un… qui n’arrive pas… toujours pas. L’attente est longue et on se refroidit, l’heure tourne, on s’inquiète un peu : crevaison ? Problème mécanique ? Problème physique ? Faut qu’on avance, on descend un peu, on l’attend encore un peu. On ne peut pas le joindre on n’a pas son numéro ! Le coach décide de laisser à la main à Patrick qui connait le parcours pour rentrer, le coach redescend pour chercher le retardataire. On attaque la descente… brrrr ça caille ! La route n’est pas terrible, on est froid, on descend donc tranquille sur un peu plus de 10km. Autant Hugo est devant à la montée, autant il est derrière à la descente. On arrive sur Collobrières. On file à toute allure et on attaque le Babaou.

 

2ième difficulté, plus facile, 6-7km de montée mais plus tranquille côté pourcentage. Je repars devant mais Hugo prend vite la relève. Plus facile et un revêtement nickel, pareil, je suis en mode warrior, je file tant pis pour mes jambes, j’engloutie un gel pour l’énergie. Je me sens étonnamment bien au vue de l’entrainement depuis samedi soir et mon manque de volume depuis le début de saison. Je cavale jusqu’à revoir Hugo dans le viseur 1 virages plus loin. Le moral reprend du peps. « Faut que je le mange » d’ici le sommet, j’arrive à sa hauteur, le passe comme une fusée, que c’est bon. Il se laisse pas faire, le salaud, il relance derrière, je vois le sommet, hors de question de me laisser bouffer, je tombe un pignon et le repasse à 20m. Un doigt en l’air pour le style en passant le sommet. Je l’ai eu, bien content d’avoir tout donné sur cette côte. Hugo me salut et me félicite de cette gagne à la loyale, bon esprit. On papote en attendant les Renault. On enchaine vite, l’heure tourne. La descente est juste majestueuse, j’ai de bonnes jambes et autant la première descente j’étais frileux autant là c’est juste l’éclate total, je passe devant et envoie les gaz « A la Virenque », je file à toute allure tout en jouant la sécurité je connais pas du tout le secteur. Les virages sont bien dégagés, j’anticipe un max le regard loin devant, la route est très propre. Je creuse vite l’écart. 2-3 min d’avance en bas, et Hugo encore 5 minute derrière.

Maintenant c’est tout droit jusqu’à la résidence. Encore 200m de dénivelé à descendre mais la route est beaucoup plus fréquenté, faut faire gaffe. En file indienne et au galop seront les mots d’ordre. Plus loin on rejoint une piste cyclable, belle et propre et là c’est parti pour une séance CLM, 2-3 passages de relais à fond, un vrai plaisir, de bonnes sensations. Je me sens super bien, mal aux jambes mais bien moins que j’aurais pu imaginer. On arrive à La Londe. Je sprint un peu pour cramer mes dernières ressources. On arrive au bercail, on retrouve notre homme perdu qui ne nous a simplement pas vues en haut de Notre-Dame et qui s’est planté de route en descendant ! Ballo.

On aura bouclé le circuit de 91km en 4h même si c’était plus un 2x45km. Pleins les pattes mais pas complètement cassé, assez surpris et encore un jour où j’ai bien joué le jeu, faut que j’arrive à tenir jusqu’au bout. Une bonne douche, un coup de fil à Madame et hop miam-miam. Encore des pâtes !!! Haricots, rosti et tiramisu en dessert J merde il est mérité celui-là. Mangé à « la table des Renault » avec Hugo et Johanna (qui est allergique à la ciboulette, bizarre non ? J). En fin de repas, j’ai pas mal écouté et échangé avec le coach suisse qui nous a fait revivre son Embrun. A priori, demain c’est 5km de nat en piscine à Hyères, départ 9h, aprm repos. Je sens que la deuxième parti du programme va me plaire :). Tchuss

Stage La Londe – Dimanche

Stage La Londe – Dimanche

Levé 7h, nuit agité (soleil de la veille ? excitation, stress…).

Mise en place d’un petit rituel quotidien, préparation des affaires de la journée : trifonction, t-shirt, gourdes, …

Petit déj, à 7h30. Déjà quelques-uns sur place. Au menu, céréales, miel, jambon, fromage. Sabrine arrive… « Joyeux anniversaire… joyeux anniversaire… » Quelques bises et on remet la tête dans le bol. Hugo se fait bâcher sur son IronMedoc, le 2ième coach, suisse, en prend aussi pour son grade. François est tombé du lit, il est là à 8h ! Incroyable ! Allez on se prépare pour la première séance.

9h : travail des transitions. On s’installe sur un parking pas loin. Les vélos contre le grillage, quelques plots pour délimiter l’entrée et la sortie de l’air de transition. Yves, le coach, nous explique les règles du jeu. En place, go pour quelques tours d’observation. On part par 3 ou 4 en courant au vélo, on trocs les chaussures de course contre celles de vélo, on prend le biclou jusqu’à la sortie, grimpé de vélo, tour du parking, descente de vélo et retour au point de départ. Après l’observation, l’explication. Il nous expose quelques techniques avec avantages et inconvénients : on ne tient pas le vélo par l’avant (potence ou guidon) mais par la selle, explication de la montée sur le vélo en fonction de choix chaussures aux pieds ou déjà cliqué sur les cales, pareil pour la descente… quelques rappel sur le règlement : porte du casque attaché, lieu de pied à terre. Bref, instructifs et les rappels font pas de mal. On refait l’exo plusieurs fois. Quelques vacanciers passent notamment un couple de retraité qui part en balade VTT, ils sont de Praz sur Arly. Le temps de leur dire que je suis aussi de ce coin de la Haute-Savoie et de leur souhaiter bonne balade, je repars à « mes occupations ». Pour l’instant c’est tranquille mais ça fait du bien de travailler ça car c’est un truc que je fais à l’entrainement. Cela ne peut donc pas faire de mal pour le jour j.

 

L’heure passe vite, on retourne à la résidence avec une heure de coupure. RDV à 11h direction la plage. On enfile la combi, il y a du vent mais la mer est calme, très peu de clapot mais un peu de courant tout de même. L’eau doit être à 15° mais on y rentre plutôt facile, au bout de quelques mouvements j’ai plus froid. On fera 3 aller-retour jusqu’à une bouée (jaune) situé à 250m soit 1500m. Je prends mes marques sur le 1er A-R, le 2ième dans mon rythme, et je termine allure course. L’eau est translucide, on voit le fond sur tout le parcours, des algues, des poissons, c’est vraiment génial. Je manque un peu de souffle quand même, la tête qui tourne en me remettant debout, la combi comprime un peu et je n’ai pas grand-chose au compteur. Le vent se clame le temps de se changer. Par contre, j’appréhendais l’eau salé, mais plutôt bien passé.

Je me rends compte que j’ai presque doublé ma distance depuis le début de l’année : de 2km je passe à 3,5 !!! Mais chuuuuttt le coach pourrait m’entendre.

 

On rentre, une bonne douche et rinçage combi. A la soupe ! Crudité, pâtes, haricots, tarte au chocolat avec une bougie et une chanson pour Sabrine. C’est parti pour 1h de sieste, cet après-midi, on attaque les choses sérieuses. J’ai beaucoup de mal à m’endormir malgré la nage en mer, je reste allongé, calme.

14h. trifonction, manche courte par-dessus, chaussures de cap et vélo et crème solaire, le soleil tape fort. Ce sera 3x 14km de vélo enchainé avec 2 km de cap. On fait le premier tour de vélo en reco, sur l’aller on croise le club de Saint Cyr en sortie vélo. Le monde est vraiment petit, ils sont aussi en stage de l’autre côté au Lavandou. Le retour du parcours est vent de face, ce n’est pas la même, ça va piquer dans pas longtemps. On s’arrête à notre pseudo « aire de transition » au départ d’un chemin de balade stabilisé. Yves donne les consignes et surtout une que personne n’a écouté (ou n’a pas voulu entendre) : « Ce n’est pas les championnats du monde !!! ». On part comme des balles ! Je reste derrière, on est que dimanche. J’en remonte quelques-uns et trouve mon rythme, je me laisse vite prendre au jeu, je termine le tour à bonne allure. Hop sur le biclou et je lâche les chevaux, j’en passe encore 2­-3. Je vois François pas loin, une bonne cible que j’accroche au viseur. J’attaque le retour, les premiers sont déjà loin devant, je remonte petit à petit François jusqu’à le passer, on se relais un peu. Enchainement course à pied, les mollets commencent déjà à crier lactique sur les premiers 200m. C’est vraiment dur ce changement de rythme, sans aucun doute un des buts de l’exercice ! François est juste devant mais il court plus vite, il reprend de l’avance, je le verrais plus. Je suis vraiment en mode course, je joue le jeu à fond. Retour au parc à vélo, Yves s’est amusé à changer les vélos de places pour nous désorienter, ça n’aurait pas marché avec moi. C’est parti pour la dernière boucle vélo… seul… personne dans le viseur devant, personne dans le rétro derrière. Un Renault se rapproche doucement mais sûrement, je ne lâche rien quitte à ce que ça pique dans les cuisses… et ça pique. La dernière transition est mortelle. Les crampes lancent dès la descente de vélo, le coach dit que c’est dans la tête, je confirme que c’est bien dans les mollets !!! Je sers les dents, plus que 2 km de cap. Un coucou à nos 2 photographes officielles histoire de montrer qu’on garde le sourire dans l’effort. Je termine sur les rotules. J’ai joué jusqu’au bout. Il me faut 5 bonnes minute pour m’en remettre, j’ai même droit aux félicitations de François et Christophe, plutôt surpris de ma « perf ». ça fait du bien au moral… à voir si je tiens la semaine à ce rythme car j’ai attaqué fort quand même. Sabrine a droit à sa « ola » à son arrivée, c’est vraiment sa journée.

On fait une photo de groupe dans les vignes, on rentre, douche, diner à refaire le monde (du triathlon bien sûr !) et gros dodo. Belle journée qui annonce une sacrée semaine.