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Stage La Londe – Vendredi

par 29 Avr, 2016Blog0 commentaires

J’ai très bien dormi, j’ai même réveillé Christophe tellement je ronflais, mais le réveil est très dur. J’arrive décalqué au petit déjeuner. Les collègues ont aussi petites mines, peut-être une stratégie pour la journée de course, je n’y crois qu’à moitié. Je tente la boisson du guerrier Julien (le suisse) : jus de citron, citron vert, orange…pouah ça décape ! Sabrine descend avec sa tarte au citron chipé la veille. On l’a charrie ! On essaie de soudoyer le coach pour connaitre les équipes, rien n’y fera, on le saura à la dernière minute.

Ce matin, ce sera un contre la montre de 35-37km par équipe. On chausse donc le vélo, on passe par la route des châteaux pour chauffer les jambes. On rejoint le bas du pas du cerf après la zone d’habitations pour éviter de reproduire l’accident d’hier. Le circuit sera : le pas du cerf, en bas à droite direction Collobrières, demi-tour au pied du Babaou et retour au point de départ (soit 2 fois le pas du cerf, va falloir gérer l’effort). Les équipes sont annoncées : je suis avec François et Rudy le missile roux. Départ toutes les 2 minutes, jusqu’à l’équipe la plus forte. On part en avant dernière position. Le but : remonter les 3 groupes devant et surtout ne pas se faire passer par celui de derrière. Allez c’est parti, on essaie de se relayer toutes les 30 secondes, on part un peu fort, François nous rappelle vite à l’ordre. Dans ma tête, j’ai 2 courses : 1 à l’aller et 1 au retour. On est déjà à plus de 30 à l’heure dans le faux plat montant, déjà les jambes de feu. On calme un peu sur la montée, faut en garder pour le retour. On passe le groupe 1 puis le groupe 2. François fait la descente devant, on voit le groupe 3 au pied de la descente. Un camion arrive par la gauche mais met son clignotant super tard, on est déjà presque à l’arrêt. Merde faut relancer, le groupe devant a repris un peu d’avance. On attaque les relais à 3, devant j’ai tendance à être un peu fort, derrière j’ai du mal à rester dans la roue, manque de pratique ! On roule à 90%, même derrière faut appuyer sur les pédales, pas de repos aujourd’hui ! ça y est on est en tête de course, faut tenir le plus longtemps possible. On devine le groupe des forts pas loin derrière, surtout ne pas se retourner, droit devant en position chrono. Fallait s’y attendre, vrrrrrr, Yves en mode locomotive devant, Pierre en position Ariane 5 les moteurs pleins gaz et les autres étages de la fusée bien en ligne, on est à 35 je pense, ils sont à plus de 40. Impossible de rester dans la roue, mais on relance. François gueule de calmer un peu. La tête repart du point de retour quand on y arrive. Joëlle notre paparazzi immortalise nos moments de douleurs. Faut relancer la machine, devant ils ne sont pas loin. Faut tout donner sur le retour, le groupe derrière ne devrait pas revenir, maintenant faut limiter la casse avec le groupe de tête. Il doit avoir 200m d’écart, je vois Yves lâcher la tête de course, ça me plait ça, je sens qu’il va s’occuper de nous. ça ne loupe pas, il se met devant moi, nous « gueule » dessus pour nous motiver à aller chercher le groupe de tête. Il me demande le prévenir du max qu’on peut tenir. La chasse est lancée. C’est magique ! Le compteur grimpe jusque 43-45 mais j’ai l’impression d’être à plus de 50, je suis à 10cm de la roue d’Yves, pas le droit à l’erreur, hyper concentré, le cardio à 100%, les cuisses lancent à chaque coup de pédale. On remonte le groupe mètre par mètre. La revanche est prise, on les passe comme ils nous ont passé, top moumouth la classe. On lâche rien, on passe devant, ils l’a jouent stratégie à nous laisser faire le boulot, perso j’m’en fou, la mienne c’est à fond, je crame tout aujourd’hui jusqu’à la dernière calorie disponible. On se relais à 3 devant jusqu’au début du pas du cerf. Dernière montée, dernière difficulté, faut tout donner vraiment tout. Je vais chercher mon reste d’énergie au plus profond de mes tripes et j’enquille la grimpée à « bloc + ¼ » comme disait mes anciens collègues quand je travaillais dans la mécanique. J’arrive à rester sur la ligne de front à tout envoyer, le cardio à 5000 ppm ! Yves devant même le train, j’arrive derrière lui complètement cramé de chez cramé. Pas le temps de récup, descente puis plat jusqu’à l’arrivé. Rudy se cale derrière moi, François un peu loin derrière. En bas, les fusées reprennent la tête c’est rageant mais j’ai plus rien, je n’arrive pas à dépasser les 35. Rudy à accrocher le groupe mais avec François on ne les rattrapera jamais. Je commence à souffrir, je crie de douleur à chaque fois que j’essaie de relancer. Rudy lâche le groupe pour qu’on puisse terminer à 3. On boucle le circuit en 1h05 à 33,6 de moyenne. Je tourne un peu les jambes pour récupérer. Lorsque je m’arrête, je suis à la limite de m’effondrer, la tête qui tourne, des crampes aux mollets, cuisses et abdos. Je vide un bidon de flotte. Je réclame un biscuit ou 2 pour rassurer l’organisme. Yves me fait remarquer que je suis pâlo. Je m’assoie au moins 15min pour refroidir la chaudière et me calmer. Sacré course ! Quel pied ! Une fois tout le monde arrivé, on rentre en récup, moi ce sera très très doucement en tournant les jambes au max. Je ferais un bon bain froid dans la piscine pour régénérer ce que je peux.

Je prends le temps sous la douche, du coup j’arrive à table fracassé un peu plus tard que les autres. La sieste se fera donc en 10min sur une chaise en terrasse. On refait le monde avec Sabrine, Joëlle et Isabelle.

 

Je remonte chercher les affaires pour l’après-midi : trifonction, combi, baskets. Au programme : Aquathlon. Yves donne les consignes, finalement ce ne sera pas en la revanche du matin, ce sera en individuel avec handicap pour les plus fort en natation. Ils auront 2 boucles de nat (plage àbouée jaune) alors qu’on en aura qu’une. On enchainera par 2 km de course à pied. Dernière consigne : mettre en application les conseils expliqués la veille par Sailfish (entrée, nage et sortie). On enfile les combi (mieux que la veille, ça commence à rentrer). On s’échauffe dans l’eau puis en ligne sur la ligne de départ. Le groupe des forts est fait, on taquine François et on lui fait croire qu’il en fait partie 30 secondes avant le départ. Il y croit ! Il part à l’arrache, fait une entrée dans l’eau digne de vidéo gag, on rigolera jusqu’à la dernière minute du stage à ce rythme. En attendant notre départ, 3 minutes plus tard, Yves en profite pour nous montrer les « erreurs » des collègues : trop à gauche, trop à droite… Pas évident aujourd’hui, il y a une légère houle, la bouée n’est pas très visible. A notre tour. Trop dans la course, trop fatigué, j’en sais rien mais je pars n’importe comment, mon entrée dans l’eau est sans doute pas trop mal mais après je fais n’importe quoi, je nage trop vite, pas coordonnée, je m’essouffle très vite, bois la tasse à plusieurs reprise, j’ai du mal à me repérer. Le soleil est éblouissant. Je suis obligé de faire la brasse voir du surplace pour reprendre mon souffle, du coup les autres passent devant. Arrivé à la bouée, Je suis exténué complètement à bout de souffle, heureusement je n’ai pas de crampes. Je me reconcentre sur le retour, j’allonge un peu, j’essaie de me détendre et de respirer sur 3 temps. Je sors de l’eau trop tôt, Julien me le fais bien comprendre, pourtant j’ai fait bien attention à continuer encore une fois que l’on touche le fond, mais pas assez visiblement ! Manque de lucidité sans aucun doute. Je sors de l’eau, je le mélange les bras, j’ai du mal à enlever le haut. Je suffoque, je n’arrive pas à me concentrer sur ma transition. Je pars pour la course à pied avec plein de sable, j’ai horreur de courir les pieds mouillés et « pas propre » c’est juste bon pour avoir des ampoules. Mais tant pis, ce n’est que pour 2 km.

 

Comme je ne me suis pas trop servi des pieds dans l’eau et qu’il n’y a pas de vélo, les jambes ne sont pas trop mal en début de course. Par contre, je sens chaque vibration remonter le talon d’Achille, le mollet, bien à l’intérieur, la cuisse et quadri, un genre de massage pas très agréable. L’allure n’est pas trop mal, je tourne à 11-12 à l’heure. J’ai l’impression de faire du surplace, de peser 3 tonnes, de piétiner, je n’arrive pas à allonger et encore moins de reprendre du souffle. Je me concentre sur la foulée mais rien n’y fait. J’attaque le retour, il reste plus qu’1km, j’accélère encore, du moins j’en ai l’impression. Comme ce matin sur le retour du pas du cerf, je lâche tout, le stage s’arrête au bout de cette rue, sur cette pelouse à 3 mètres de la plage, cette pelouse, le Graal d’une semaine intensive et pleine d’émotions. Faut aller le chercher, je le mérite mais il n’est pas encore là. Je lance un sprint pour finir, tant pis pour la tronche sur la photo d’arrivé. Je m’écroule par terre. Je l’ai fait ! C’est fini ! Mon Dieu que cela aura été dur ! Mais quel kiff ! L’instant est dur, je lâche « la pression », je reprends difficilement le souffle de ma course, je bois une gourde sans difficulté.

Une montée d’émotions m’envahie, de petites larmes naissent au creux des yeux mais l’estomac et l’envie de vomir gâche un peu ce moment. On est parti trop tôt, pas eu le temps de digérer, brassé un peu en mer et une course dans mes derniers retranchements. Je ne me sens pas bien, je mets un t-shirt sur la tête pour éviter le coup de chaud plein soleil. Je m’allonge un peu et commence à reprendre mes esprits. Je relève la tête ils sont presque tous en position pour la photo de fin de stage, je les rejoins comme je peux. Un dernier sourire.

On terminera l’après-midi comme des princes : au soleil et en terrasse à profiter d’une bonne grosse glace ou crêpe tellement mérité ! On prépare et charge la voiture, dernière déconne le soir, gros dodo. Samedi matin, on file à 8h, retour au bercail !

J’ai eu tout ce que je voulais : me mettre un bon coup de pied au cul, me surpasser, en chier, rigoler…. j’en ai eu pour mon argent ! Vivement l’année prochaine 🙂

 

J’ai eu tout ce que je voulais : me mettre un bon coup de pied au cul, me surpasser, en chier…. j’en ai eu pour mon argent ! Vivement l’année prochaine 🙂