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Stage La Londe – Mercredi

par 27 Avr, 2016Blog0 commentaires

Réveil 7h. Christophe est réglé comme une horloge. 7h15 au petit déj. Le repos de la veille fait du bien mais il m’en faudrait un peu plus surtout qu’aujourd’hui c’est LA journée !

Au déj, ça arrive petit à petit et plus en paquet comme en début de semaine, les traits se tirent de plus en plus, la fatigue commence à prendre le dessus. Un bon bol de céréales, miel, café, fruits. Je refile dans la chambre se poser un peu et terminer de reposer les jambes toujours un peu lourdes de la sortie de lundi.

9h30, on se retrouve en bas en tenue de course à pied. Au programme, 2h de trail sur le sentier du littoral. J’ai les mollets en béton je sens que ça va être dur. Quelques moqueries sur ma tenue (en full X-Bionic), « et sinon ils font la même tenue pour homme ? »…la Saint Nicolas peut-être aujourd’hui ! Bref l’ambiance est toujours au rendez-vous et ça c’est top. On part en footing tranquille, traverse la plage, je n’ai pas les jambes, les mollets c’est horrible, j’ai l’impression qu’ils sont prêts à lâcher, pas gagné cette affaire. Le soleil est toujours au rdv, vent dans le dos à l’aller, la mer est superbe, la « ballade » va être magnifique. Je me retrouve assez vite derrière, les montées de marche, passage de racines, etc… sont vraiment très dur, je me retrouve vite à marcher dans les côtes. Mais quelle vue ! Le sentier est très peu large, on est en file indienne, on redescend au bord de l’eau, à sauter sur les bords des rochers puis on traverse une nouvelle plage complètement à l’abri du vent, la mer est translucide. On réattaque la grimpette, les mollets commencent à se détendrent, tout le monde stoppent sur une vue dégagé, si je m’arrête je pense avoir du mal à repartir, du coup je passe devant restant à mon rythme, Sabrine me suit. Petit à petit, je me sens bien, de mieux en mieux, plus aucunes tensions dans les mollets, sans trop m’en rendre compte je trouve un bon rythme, je creuse l’écart, je « vole » de plus en plus sur le sentier, j’avance « tout seul ».

 

Je vis pleinement l’endroit et le moment présent. De très bonnes sensations, très très bonnes. J’avance, j’anticipe pour éviter la faute. C’est un vrai régal. Je me sens invincible. On est même obliger de me siffler car il est temps de faire ½ tour, j’ai 300m d’avance, le moral est à bloc. Julien, le suisse, me fait même remarquer qu’il a essayé de revenir sur moi, sans succès, ma confiance en moi se réveille. Parti dans le dur mais là j’ai l’impression de me révéler. On attaque le retour, plus dur, le vent se retrouve de face. Mais rien n’y fera, je suis toujours gonflé à bloc, je continue à mon rythme, les montées sont un peu plus dures car à l’abri du vent, donc un peu plus étouffant. Je me sens léger, je joue beaucoup avec mes appuis, j’allonge à la descente. Je pense à « Born to run » de Kilian JORNET, comme si je vivais ses récits de course… mais 2,5 fois moins vite J. Je pense aussi à mon cousin, Guillaume, qui fait beaucoup de trail et du très gros, comme La diagonale des fous. J’ai le souffle court mais je me sens tellement bien, j’ai envie que ça dure des heures comme ça… ciel dégagé, mer bleu, nature sauvage… Mais toute bonne chose à une fin, le corps commence à te rappeler à l’ordre, t’es pas encore prêt, t’en demande un peu trop. Je ne pense pas à ce qu’il m’attend cet après-midi, je vis le moment présent. J’arrive sur l’avant dernière plage, je vois Sabrine au loin, je la rejoins, un peu coucou et je continue. Dernier passage escarpé, dernière plage et direction la résidence.
J’en veux encore, je retourne chercher les autres. Je rentre avec Sabrine et Vincent pour boucler les 16km. Les autres se sont arrêter à la mer pour le bain froid des mollets, nous se sera à la piscine. Qu’est-ce que ça fait du bien aux jambes ces bains froids ! C’est comme si on changeait de paire de jambe. J’en aurais bien besoin pour cet après-midi.

Une bonne douche et à la soupe. Pas beaucoup de temps de repos ce midi, on repart à14h pour une bonne sortie vélo. Vu ma forme de ce matin, je suis tenté de rouler avec le groupe 1, le groupe des forts, mais j’ai peur d’être à la rue. On me chauffe 10 secondes là-dessus. Il m’en faut pas plus, j’enquille avec le groupe 1, ça va piquer !

 

Au programme 97km avec 1200m D+, dès le départ je sens que ça va être dur ! Le train est plus rapide, soutenue qu’il y a 2 jours. On enquille le « pas du cerf », je suis déjà derrière, on n’a pas fait 15km, ça va vraiment être dur ! Mais j’en veux, je suis là pour ça, je m’accroche, je me retrouve assez rapidement dans le dur. 1er vrai col (le pas du cerf ça compte pas vraiment, c’est comme une bosse en Chevreuse), je suis vite derrière, un peu largué, mais je m’accroche, je n’ai pas envie d’être le boulet de la  journée mais surtout, je veux rien lâcher, je résiste, à 300m du sommet, Pierre viens me chercher et là, je sens une main sur le vélo et une loco qui pousse, c’est bluffant, il me pousse en côte… tranquillou ! Je reprends mon souffle et on repart. Même en descente je suis derrière ! Mais pas longtemps, François a crevé. On l’attend en bas. On n’arrête pas de se vanner. Il nous rejoint, il est gonflé à 3,5 bars, pas assez pour continuer. « Tu veux une cartouche ? » et hop c’est reparti pour 5 min de conneries, rigoler dans la douleur, c’est bon ça 🙂 . On repart, du plat sur nationale, pas mal de circulation, on est en file indienne et ça file, j’ai du mal à rester dans la roue, on m’encourage, je m’accroche. On part à gauche direction le col de Canadel, belle grimpée, pas trop dur mais assez longue, on recommence comme au premier, je suis derrière ! Le moral prend encore un coup mais l’envie prend le dessus, je continue à m’accrocher.

J’ai les cuisses et les mollets qui tiraillent de partout. Je donne tout. Je relance dès que la pente me le permet. Je vois Patrick, le président de l’ESR en ligne de mire, c’est ce qu’on j’ai besoin pour rien lâcher. Je le passe, c’est bon pour le mental. Maintenant c’est Christophe que je vois, là, c’est con, mais c’est comme si c’était mon honneur qui était en jeu, je ne serais pas le dernier Bouygues en haut ! Pas question ! Je relance, le rattrape, le dépasse, Il lâche rien, il relance même, je suis à la limite de le laisser filer, mais hors de question, je sais que je peux le faire. Je remets un coup et je termine devant, content mais complètement cramé ! Il me faudra au moins 5 min pour reprendre mon souffle. Je bois et mange pour reprendre quelques forces, je suis vraiment à bout. Le groupe 2 nous rejoint quand on repart, ils n’ont pas trainé les salauds.

On attaque la route des crêtes, je croyais que c’était du faux plat descendant, tu parles, ça monte ! C’est interminable. J’ai plus de jus, je tape dans le dur, mais quand ça commence à descendre je souffre. Vincent m’a attendu un peu plus bas histoire que je ne prenne pas à gauche au lieu de tout droit, il fera le lièvre pendant plusieurs km à m’encourager, me pousser dans mes derniers retranchements. Heureusement car sinon je tombais un plateau et me laisser rattraper par le groupe 2 et rentrer « plus tranquille ». On descend sur Bormes les Mimosas et une fois sur la route des châteaux, je reverrais plus personnes avant l’arrivée, ils sont partis comme des flèches. Je m’accroche jusqu’au bout même si je n’ai plus rien à prouver, je relance dans les dernières petites bosses à en choper les crampes tellement ça pique. Je termine la rando à bloque, complètement sur les rotules, cramé, carpette, vide. J’ai des crampes aux abdos, quelques petits vertiges, la bouche engourdi, des fourmis dans les pieds. J’ai tout donné, jusqu’au bout. Je suis content, je ressens même un peu de fierté d’avoir tenu jusqu’au bout sans avoir lâché prise.

Même rituel que le matin, 10min dans la piscine glacée pour régénérer les jambes et pour la circulation sanguine, une barre de récup pour éviter l’hypo. Une douche bien chaude pour se réchauffer et direction le ravito du soir. Mais quelle journée !!! Qu’est-ce que j’en ai chié mais que c’était bon 🙂 . Je prends pleinement conscience qu’avec un peu plus de régularité dans mes entrainements je pourrai vite progresser et utiliser pleinement tout mon potentiel et j’en ai, j’en suis sûr. La nuit à intérêt à être régénératrice sinon la fin de semaine va être compliqué.