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Triathlon des Lacs, Troyes

par 6 Juin, 2015Triathlon

AVANT…

Irrégulier, pas très assidu, je n’ai fait jusque maintenant que quelques sprints. Cette année je mets la barre haut, très haut (pour moi) : 2 HIM, 1 CD et qq sprint.

Ma saison commence directement par le HIM de Troyes ! La semaine dernière j’étais à St Petersbourg à faire la bringue jusque 3h du mat… autant dire que les footing à 8h sont assez dur… La boule au ventre et un stress comme jamais toute la semaine. Je me sens pas prêt du tout malgré la confiance que m’insuffle Richard. Samedi, ce sont les préparatifs, je check tout 5 fois, je repasse même chez décat pour compléter ma panoplie. On a programmé de partir en trio avec Richard et Pauline. Richard propose le gîte et le couvert samedi soir. Nouveau coup de speed pour moi, je suis en stress total, toilette, je prépare le sac, toilette, je prépare le vélo, toilette…. Bref c’est pas la forme malgré ma grasse mat et la micro sieste de début d’aprm. Arrivé pour l’apéro, on commence à discuter de notre niveau de forme, à faire nos pronostiques pour demain. Papa Richard nous fait une gamelle de pâtes bolo à nous exploser la pense ! Popo abandonne à la deuxième assiette. Il commence à faire frais, on prend le dessert à l’intérieur.

Allez faut dormir maintenant, le stress monte encore d’un cran, la nuit est longue, très longue… je tourne en rond, j’ai chaud, j’ai l’impression de me réveiller toutes les 5 min. Pauline ronfle à côté (nan j’déconne :)).

Le réveil sonne, le temps de descendre, Papounet Richard a déjà fait chauffer les tartines au toaster… Par contre il a oublié de se coiffer roh la tronche de déglinguo (et encore je passe la sortie de douche en peignoir)! Le ptit déj est calme, on est déjà dans notre bulle.

On décolle, le début du trajet est calme, on détent l’atmosphère, un selfie, qq sms entre Gilles et Richard, on commence à croiser qq voiture avec des vélo… on approche. Dernier « caca mou » à la sortie de l’autoroute, on arrive sur place. Je vois l’arche d’arrivé, j’ai plus le choix mais je pense toujours ne pas pouvoir finir au point de ne plus avoir la boule au ventre, c’est grave docteur ? Retour à la voiture pour chercher les affaires, on croise les collègues (à ce moment ce sont encore des collègues), une photo de famille et direction le parc à vélo.

Eh merde j’ai oublié un truc, retour à la voiture… finalement je suis quand même un peu stressé non ? Je mets tout en place, refais les gestes des transitions : je « jète la combi », mets la chaussette gauche, puis la droite (oui comme Zizou), le porte dossard, …. Le briefing terminé, direction la plage, je prends, la serviette les tongs et la glacière… euuuhh… nan ça c’est le WE prochain !

… Suis-je capable de terminer ? La natation ça devrait le faire, je me suis entrainé, j’ai fait du lac au verdon, des plaquettes, mais attention à pas me laisser entrainer par la foule, le vélo, en théorie je suis prêt, j’ai changé mon matos, j’ai des bornes et 13000m de dénivelé dans les jambes (eh oui j’ai le HIM du mont-blanc à préparer), pareil faut que je gère… tranquille Nico ne te crame pas, ne t’enflamme pas, te laisse pas entrainer par le mec de devant, fait comme Richard, colle-toi derrière un « petit cul » et profite ! Par contre la course à pied c’est mon gros point faible, j’ai pas refait de semi depuis 10 ans, j’ai bcp de retard sur mon entrainement, à chaque fois que j’ai travaillé mes transitions seuls le WE, j’étais brassé, mal au ventre, les boyaux en vrac au bout de 3km, le cardio qui s’envole, les jambes qui répondent plus. j’y crois pas, j’y crois plus… mais bon je suis là, j’ai plus le choix. Le départ des filles ne donne un coup de frisson, la motivation revient doucement. c’est notre tour, Je croise Eric qui m’encourage, me dit qu’y aller pour le plaisir. Ca rebooste un peu, Richard me retrouve, derniers conseils, tout le monde tape dans les mains, allez Nico repousse tes limites et prouve-toi que tu peux le faire.

 

C’est parti pour la natation…

5…4…3…2…1…. Ce bordel !!! Je me croirais dans la machine à laver en mode essorage, je remets mes lunettes 3 fois sur les 300 premiers mètres, un coup par ici, un coup par-là, je me mets sur le côté pour être tranquille. Purée ça part vite… calme Nico, calme. Je me calle à mon rythme sur les 2 premières bouées, le retour vers la plage me donne confiance, je pense avoir une bonne nage, le souffle est un peu fort mais c’est normal je suis encore un peu froid, je sors de l’eau, regarde le chrono, pas possible je suis sous les 25min pour 1km600, qu’est-ce qu’y m’arrive…. Allez 2ième tour, le banc de poisson s’effile, je suis me mettre à mon rythme de croisière, je suis bien, je calme un peu les jambes, je vais en avoir besoin tout le reste de la course, les bras rentre en action. j’ai pas les épaules de Richard mais mon travail avec les plaquettes m’ont donner de la puissance. Je croise quelques bonnets jaune, je remonte qq filles parti 10min plus tôt, c’est bon pour le moral 🙂

Je sors en 49min23, put*** j’ai jamais fait ça !

 

T1, go pour le vélo…

T1 : je sors tranquillement, je récupère mon souffle, pas question de commencer par un point de côté. 1er encouragement de Chantal , ça fait super plaisir d’entendre son prénom, un petit coup de frisson. Je pense à bien enlever la puce avant la combi (expérience de Versailles y a 2 ans… le con), je prends le temps et reste concentré, pas question de partir en oubliant qqch, de toute façon je suis toujours pas sûr de terminer et je vise pas un podium ! Tout est ok, je peux partir.

C’est parti pour 83km de vélo, objectif rattrapé Richard avant la fin du parcours, le squale a bien dû me mettre 15min dans la vue. Doucement Nico, il y a du monde, te fais pas embarquer, si tu en passe un il y en aura encore un autre devant !!! Gère surtout ! Je mets le compteur en mode carte, je veux pas me laisser influencer. Gère, gère , gère… mais je comprends pas…. Ça avance « tout seul »… la première côte est devant, tout le monde en danseuse, « y sont con ou quoi ? », mes entrainements au verdon, embrun et croix de fer m’ont appris un truc : MOULINE !!! … je descends d’un plateau, monte les pignons et fait péter la cadence. 3, 5, 10… je pose peut-être 15 personnes. 1er ravito, une bouteille pour le rafraichir la tronche et en avant la descente, une fusée…. Petit plat. Je lève la tête, je pense reconnaitre un vélo… serait-ce ? Non ? c’est pas possible… déjà ? … Pauline ? Eh oui, c’est bien elle. Je la passe comme une fusée en lâchant un encouragement. De nouveau une côte, moins raide mais plus longue, je mouline à fond, j’ai les jambes fraiches. j’avale quelques kilomètres plutôt à l’aise. Au détour d’un virage vers le 20-25ième km, je vois un 2ième mirage…. Ces couleurs me disent quelques chose… une tri du blanc, du bleu, du orange…c’est impossible… Richard ???? Maintenant ? j’avais envisagé cette vision au 70ième pas avant !!! j’arrive à ses côté, une claque sur la fesse (y ont pas dit que c’était interdit au briefing !) « alors ma couille, ça gaz ? », je lis sa surprise dans ses yeux, il doit être aussi surpris que moi. On fait qq mètres ensemble mais j’arrive pas à ralentir… je viens de prendre une claque dans la gueule « Qu’est-ce qui t’arrives Nico ? Tu as plus la forme que tu pouvais imaginer ? En serais-tu finalement capable ? Richard tu as mis quoi dans tes pâtes hier soir ? »… 2ième coup de frisson, je garde la cadence, Richard essaie de s’accrocher et me rejoins 30sec mais je suis dans ma course, j’ai l’impression que rien peux m’arrêter, il lâche l’affaire.

J’arrive sur la fin du premier tour, la ligne droite faux plat montant est interminable, surtout avec le vent de face. Du monde sur le bord de la route, des encouragements, Chantal qui « gueule » « Allez Nico », il m’en faut pas plus pour me booster ! Je passe la ligne, je regarde le compteur… Troisième mirage…. Mon compteur a un problème ? Qu’est-ce qu’il se passe ? Il a beugué ? 32 de moyenne sur 27km !!!! j’ai jamais fait ça moi !!! Même à Rambouillet je fais à peine 30 sur 20km. Des ailes commence à me pousser dans le dos, un coup de frissons, la confiance revient à grand pas… mais je m’enflamme pas, je me sens bien, je garde le rythme, j’ai pas mal aux jambes, je gère. La côte pour la 2ième fois, pareil, je lève pas le cul de la selle, je mouline, encore 10 places de gagné. Couché sur les prolongateurs je file, je suis au taquet. Une moto me dépasse… purée le premier ! Position avion de chasse !

Fin du 2ième tour, toujours pas mal aux jambes, ça pique pas, juste un peu mal au ventre mais ça passe assez vite. 31,5 de moyenne. Je suis sur  un nuage mais reste concentré, pas question de tout donner j’ai encore 30 bornes à faire et la CAP, c’est pas encore gagné mais je commence à y croire. La côte pour la 3ième fois, plus dur quand même mais bien moins pire pour les autres, j’en gratte encore quelqu’un, je suis réglé comme un métronome, la chaleur commence à faire quelques dégâts, quelques crevaisons, je remonte, je remonte, une vrai horloge suisse. Mais purée qu’elle est longue cette dernière ligne droite vent de face ! Je fais tourner les jambes un max pour éviter les crampes en CAP. Je pose pieds à terre, je me sens super bien, 31,2 de moyenne !!! Comme en natation, j’ai jamais fait ce chrono. Je suis au top ! j’ai de plus en plus confiance en moi mais le plus dur reste à faire.

 

T2, Maintenant on cours…

T2 : comme T1 tranquille (5min et des brouettes), je me rince la tronche, je change de chaussette, je veux les pieds secs pour éviter un max les ampoules, je passe un peu de crème solaire, les chaussures, un bon coup d’Isostar, direction la sortie du parc en trottinant pépère. Allez c’est parti !

Je me cale à 10km/h même si les jambes veulent allez plus vitemais je me suis déjà cramé plusieurs fois comme ça à l’entrainement, le premier ravito arrive assez vite, un coup de jet d’eau… qu’il fait du bien ce coup de frais ! Je cale mon rythme, je suis rassuré tout le monde en chie, j’en vois déjà sur le bord de la route, d’autres en train de marcher. …Surtout t’emballe pas Nico… gère le premier tour… tu pourras lâcher les chevaux plus tard…. t’es capable de terminer…. Mais gère… c’est pas fini ! Les pieds qui chauffent… non pas d’ampoules maintenant… ouf ça passe doucement. Ma grosse crainte va-t-elle se vérifier : l’estomac ?… Mes entrainements m’ont fait prendre un accessoire qui me semble quasi indispensable : du PQ ! Verdict : ça va, aucune douleur, aucun trouble ! « Put*** c’est bon ça Nico » A l’approche du 5ième… je revois une tri qui me dit qqch… un autre BY ? c’est vraiment impossible, imaginable pour moi ! Mais qui est-ce ? Je reconnais la silhouette… David ! Merde il doit avoir un pépin, j’ai pas son niveau. Il marche… merde ! Ca doit être son pied. « Allez David lâche rien »… il s’accroche à mes côtés. On passe les 5km ensemble. Il lâche, je me retourne pour lui passer le message « allez lâche pas maintenant t’es au bout »… il me dit de pas m’attendre, je garde le rythme, ni trop fort ni trop tranquille, je suis à mon rythme de croisière, le passage en fôret est top, au frais. Je préfère ça au bitume plein cagniard ! Je passe le 7ième, retour au soleil et 2 lignes droite in-ter-mi-na-ble !!! Purée elles font mal celle-là ! Et va falloir les refairent encore une fois. Je vois l’arche d’arrivée, du monde sur les bords du chemin, le premier tour se termine. Je m’encourage « PUTAIN NICO TU Y ES LA ! » « TU PEUX LE FAIRE »… grosse grosse émotion en récupérant la cordelette rouge qui atteste que j’ai fait 1 tour, 10,5 de moy. « ALLEZ LACHE RIEN », les jambes ca va, la bidoche pareil, pas de crampes, pas d’ampoules, le souffle est sims freeplay hack 2017 là et le cardio à 90%. Pour la première fois depuis le début d’année je prends conscience que je peux terminer… frisson… ravito… j’ai l’impression d’avoir une bonne foulée, je dépasse, je revois mes séances techniques sur pistes avec Benoît (bassin en avant, déroulé de la cheville, les lattes, les plots, mouvements de bras,…), c’est dur mais l’émotion prend de plus en plus le dessus, le soleil tape dur, moins de vent, la chaleur commence à peser. Aux ravitos, c’est éponges et une gorgé de flotte, je ralenti à peine pour pas casser les jambes (je sais que j’ai toujours du mal à repartir), je cale une éponge sur la nuque et une autre sur le torse, un verre d’eau sur la tête… j’augmente la cadence tout doucement, j’en garde pour le finish plein soleil (c’est top pour ça de faire des boucles ! On repère le parcours pour mieux gérer). 17ième km… « NICO TU ES EN TRAIN DE REUSSIR!!! » j’ai la confiance gonflé à bloc… je revis tous mes entrainements, ça paie mais je pensais pas autant. Il y a de moins en moins de monde dans mon champ de vision, les personnes à dépasser sont plus loin mais je m’en fou, je suis dans ma bulle, je vois rien d’autre… une image en tête : l’arche d’arrivée et le speaker en train de dire mon nom !… Dernier frisson… je lâche tout… j’allonge la foulée.

Je me dis exactement l’inverse qu’au départ « C’est pas possible de pas terminer!!! ». Quel revirement de situation ! Je repense à tous les encouragements de Richard que je barbe depuis des semaines comme quoi je suis pas prêts, mes parents, les conseils de mon père (ancien triathlète aussi à l’époque où il y avait pas encore de fédération), ma femme qui subit cette passion comme elle peut, Pauline aussi qui a suivi de loin mes entrainements (vive les réseaux sociaux), mes collègues de travail que je saoule depuis qq semaines.

300 derniers mètres, du monde sur le bord, Gilles et Chantal qui me donne le dernier coup de fouet que j’avais besoin ! Le chemin se rétrécit, j’ai l’impression d’être au somment d’un col pendant le tour de France, c’est con mais c’est mon impression, quelques bras de gosses se tendent pour me taper dans la main… c’est comme si je terminais premier, je suis mon propre champion, c’est comme ça que je vis ce moment… JE SUIS EN TRAIN DE FINIR… le tapis défile sous mes pieds, je vois le chrono qui s’affiche… 5H26, je serre le poing, les larmes montent aux yeux, j’ai la chair de poule… partout… je lève le bras… je passe la ligne, j’entends mon nom au micro, j’arrête la Garmin… je sais plus ce qu’il se passe. Je crois que j’ai terminé tout « simplement », je m’appuie sur une barrière… je craque !!! J’en frissonne encore en l’écrivant. Je vis ce moment à fond, j’ai dépassé tous mes objectifs, je suis allez bien au-delà de ce que je pensais pouvoir faire. Je me suis dépassé, surpassé. Je crie intérieurement, fort, très fort !

 

Ca y est, c’est fini !!!

Je reprends mes esprits, je refais le plein. Je m’étire. j’attends mes collègues qui devraient plus tarder. David arrive en 5h38, j’espère que ses pieds vont bien ! Puis Pauline en 5h58… houlà ça n’a pas l’air d’aller… en moins de 2 min elle est sous la couverture de survie entouré de 2 croix rouge… un coup de chaud dès le départ de la CAP mais elle a rien lâchée. Respect miss ! Copenhague est à toi !Reste plus que Richard… il doit en chier en CAP… 6H05, 6h10, 6h15… allez Richard… qu’est-ce que tu fou !!! 6h20, 6h25… merde, je commence à douter…. Pourvu qu’il est pas abandonné ! Je commence même à un peu m’inquiéter…. Je commence à faire un bout de chemin inverse. Il a pas le droit de pas terminer. Ca y est je le vois au loin… il trottine… je le rejoins et faisons les dernières centaine de mètres ensemble. 6h31 au compteur ! Je vais aux nouvelles de Pauline sous la tente de la croix rouge, elle reprends des couleurs. c’est bon tout le monde est là et à terminer. Direction massage. La déconne est de nouveau au RDV, on refais 15 fois la course, chacun y va de ses anecdotes. Une belle blonde ne demande qu’à prendre soin de mon corps… et elle fait ça bien !

Allez encore 2h de route avant la maison.

J’ai pris un plaisir comme j’en avais rarement pris en sport et pourtant j’ai 25 ans de gymnastique dans le dos…. I’m an Half Ironman !

L’autre moitié se sera au mois d’août avec l’HIM du Mont-blanc… faut que je mange encore du dénivelé d’ici là 🙂

Sinon les prochaines échéances se sera Moissons et Paris

Un jour peut-être je suivrais les traces de Pauline pour un IM (Allez Pauline , Allez Pauline), le dernier livre de Marcel ZAMORA devrait m’inspirer … « Tous les rêves sont possible »

A très bientôt à l’entrainement et sur la ligne de départ !